Editorial : Retour du Coach à Roland Garros
En Mai 2008, j’avais laché l’affaire au début de la 2° semaine. Federer me semblait dans d’excellentes dispositions pour s’opposer à Nadal. Mais tout au contraire, le cavalier seul de l’actuel numéro 1 mondial a pris son essor à partir de là. Le tennis féminin de son côté m’avait semblé devoir pâtir de la retraite de Justine Henin et la suite de l’année n’a fait que confirmer le déclin et le peu d’interêt que proposait, en terme de spectacle et de variété, le circuit WITA.
L’édition 2009 du tournoi de Roland Garros n’apparaît pas en mesure de changer la donne, et ce malgré l’optimisme d’un édito de Mats Wilader dans « L’Equipe » du Jeudi 28 Mai. Chez les garçons, par contre, le tournoi semble vraiment lancé depuis l’élimination surprise, Samedi 30, de Djokovic. En effet, à l’issue du tirage au sort qui plaçait Djoko du côté de Federer, il me semblait que l’autoroute s’ouvrait pour un nouveau titre de Raphaël Nadal. Le tournoi de Madrid a révélé que seule une coalition de 3 à 4 joueurs (Federer, Djoko, Murray, Verdasco…) pouvait permettre, par une stratégie d’encerclement du « Monstre », de l’user et de finalement pourvoir le battre en finale. Il m’est apparu qu’au delà des progrès accomplis par Federer, durant le tournoi de Madrid, c’est la « coalition de destruction », entamée par Verdasco puis Djokovic, qui a permis de vaincre Rapha en finale. La condition majeure à cette stratégie supposant que Federer (ou Djoko ou Murray) puisse parvenir intact en finale. L’élimination de Djoko peut physiquement dégager la route de Federer. Dans le même temps, Verdasco et Murray qui se dressent sur la route de Rapha, peuvent permettre au « piège » de Madrid de se refermer une nouvelle fois sur le numéro 1 mondial ? Voilà tout l’enjeu d’une excitante 2° semaine pimentée par la présence et de Gaël Monfils (dont le potentiel trouvera peut-être à s’exprimer totalement) et de Jo-Wilfried Tsonga, qui, à l’issue de son match contre l’Argentin Juan Monaco, a prouvé qu’il pouvait venir se mêler au « carré magique » et réaliser à Roland Garros le même type d’exploit que partout ailleurs dans le monde.

